Masques au Burkina Faso : Initiations formelles et rituelles, des pratiques ancestrales qui tendent à disparaître

Au Burkina Faso, plusieurs peuples tels les Bobo, les Bwaba, les Nuna, , les Mossis , les Sénoufo et bien d’autres ont dans leurs traditions, la culture des masques. Ceux-ci  apparaissent souvent avant la saison des cultures pour demander la bienveillance des ancêtres pour une bonne saison hivernale. Ils peuvent aussi apparaître pour l’initiation afin d’introduire à une génération donnée des connaissances, ou des savoir-faire et être traditionnels. Ces initiations rituelles sont souvent fermées et secrètes.  Mais de nos jours, il se trouve que ce sont les côtés festifs et touristiques qui tendent à prendre le dessus sur la fonction initiale des masques.

Selon Louis Millogo, Professeur titulaire au département de Lettres Modernes,

Université Ouaga I Pr Joseph Ki Zerbo, les masques, tout en ayant une manifestation et une fonction publique, sont initiatiques. L’initiation est l’introduction à une connaissance, à un savoir-faire. Pour lui, Il existe des initiations rituelles fermées et secrètes où se transmettent les traditions de valeurs. C’est cette connotation de fermeture et de secret qui caractérise ce qu’on appelle les initiations africaines a-t-il indiqué. Ces initiations qu’il qualifie d’initiations  collectives par classe d’âge marquent un passage important d’un citoyen d’une classe d’âge à une autre avec prise de responsabilités nouvelles. Ces responsabilités exigent des savoir-être, des savoir-faire et des connaissances qui sont transmis aux candidats par les classes d’âge supérieures a-t-il souligné.

Parlant des masques du pays Nuna, Oumarou Naon, enseignant-chercheur au département d’histoire et archéologie de l’Université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo, confie que leur rôle dans l’éducation de la société et la représentation culturelle et même spirituelle est immense. « C’est un cadre qui réunit périodiquement les jeunes de chaque village afin de les éduquer. Le masque à travers le séjour dans le bois sacré constitue la première école de formation qui préparait les enfants à la vie d’adulteC’est une institution qui occupe une place importante dans la culture des Nuna»

Après initiation, le Pr. Louis Millogo précise que  la classe d’âge initiée  a à partir de ce moment  la responsabilité des masques et pour ce faire, elle doit être instruite des techniques, des mythes et des comportements y relatifs.

De nos jours, avec le modernisme qui éloigne de plus en plus les potentiels candidats à l’initiation des masques de leurs villages pour des raisons diverses , il y a lieu de se poser des questions sur les chances de survie de ces masques et surtout des valeurs culturelles jadis transmises aux jeunes générations à l’occasion des initiations.

S’il est vrai que les masques, dont le côté festif, esthétique et touristique retient encore l’attention des jeunes par le biais des festivals qui les promeuvent, il n’en demeure pas moins que ceux-ci tendent à se vider du spiritisme qui leur donnait une âme grave. Ainsi « allégés », les masques risquent de tomber dans le folklore et du même coup  disparaître faute de non transmission régulière.

 

Saâhar-Iyaon SOME BEKUONE

 

 

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