« Daan soulou maalo « : l’un des rites funéraires nécessaire pour prospérer dans le commerce chez la femme Dagara

Après le décès d’une femme chez les Dagara, la fille de celle-ci a le devoir de sacrifier à ce rite pour prospérer dans le commerce qu’elle faisait. Ce  sacrifice se fait à titre d’hommage et de bénédiction à sa mère pour poursuivre ses œuvres commerciales. Dans ce cas précis, le sacrifice se fait selon les moyens de la bénéficiaire. Il peut s’agir d’un bouc ou d’un mouton. Cela peut se faire pendant le déroulement des funérailles ou  après l’enterrement selon les règles préétablies en la matière.

Ce samedi 24 avril 2021, nous avons assisté à une cérémonie de « Daan soulou maaloo » à Kpopéri, (village du département de Disshin dans la province du IOba au sud-ouest du Burkina Faso), dans la famille Bèkuonè chez le vieux Raoul. Il s’est agi d’une cérémonie initiée par Somé Thérèse sa fille et dédié à Feu Somé Noëlla issue de cette famille. A la question de savoir pourquoi cela se passe t’il chez lui, le vieux Raoul répond : « c’est par ce que ce sacrifice n’a pas été fait pendant les funérailles. Et en pareil circonstances, c’est dans la famille paternelle de la défunte que cela se passe ».

Pour son déroulement, il a fallu faire appel à la famille Mètouor, famille alliée à celle des Bèkuonè dans ce village, pour immoler l’animal qui était un mouton. Pour le partage, ce ne sont que les deux familles qui avaient droit à cette viande a indiqué Raoul. Et comme signification, c’est un hommage rendu à la défunte qui a initié sa fille en matière de préparation de dolo qui est l’une des principales activités commerciales de la zone. Au-delà de cela, c’est une demande de bénédictions qui est faite à celle-ci pour que  ses enfants et leurs descendants puissent prospérer dans les activités commerciales s’ils s’y intéressent conclut le chef de famille.

Selon Gabriella Méda, mariée dans la famille Bèkuonè ; « si ce rite n’est pas fait, les filles de Noëlla ne pourront pas prospérer dans le commerce du dolo ». Elle a par ailleurs ajouté que passer cette étape, il faut que les jarres de Thérèse Somé soient lavées (sioun, pèroo) par les femmes des DA (NDLR les noms qui comprennent  la syllabe DA comme SOMDA, MEDA, DABIRE, KPODA) pour terminer le rite. Et pour ce faire, une délégation des femmes ayant le « DA » dans leurs noms et qui proviennent de leurs mères,  inaugurent toutes les étapes de la préparation du dolo du premier jour jusqu’à l’obtention de ce liquide prisé dans cette localité. Dès que le dolo est prêt à consommer,  ces parents à plaisanterie procèdent au gouté et autorisent la vente.

La somme obtenue après-vente a elle aussi un rite à suivre avant toute dépense.  A en croire Gabriella Méda, cette somme est déposée lors d’un rencontre entre les ayants droits de la défunte et celles ayant suivi de bout en bout le processus. Après un rite où une des DA enlève trois fois de suite une partie de la somme et qui les remet après à des coups de mains symboliques ayants droit portés  sur sa main qui détient l’argent prélevé. A sa quatrième prise, elle se lève avec la somme qu’elle ira partager avec les autres DA.

La somme restante est alors utilisée pour payer du mil qui sera germé afin préparer du dolo qui sera distribué. Cela a pour signification que le capital de la défunte est n’est plus et par conséquent les  ayants droits peuvent prendre la relève et poursuivre l’activité de préparation du dolo.

 

Saâhar-Iyaon SOME BEKUONE

 

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