Etre artiste musicien en milieu rural : Hendrix Landrix Somda Bèkuonè nous partage son expérience

Né à Diamagène une localité de Dakar au Sénégal d’une sénégalaise, et d’un burkinabè, Hendrix Landrix Somda Bèkuonè alias « Villager  fait un bon temps de sa jeunesse à Ouagadougou dans la capitale burkinabè, Hendrix Landrix alias « Villager » a décidé de rentrer dans son natal afin de s’y installer en 2014. Une fois à Disshin, il s’est mis plusieurs cordes à son Arc. Président d’associations, tenanciers de maquis, président Ceci pour le double scrutin de novembre 2021 et maintenant secrétaire exécutif d’ONG, telles sont les activités que mènent l’artiste en plus de la musique. Quelles ont été les raisons de son départ de la capitale burkinabè pour s’installer dans une commune rurale de la province du Ioba au Sud-ouest burkinabè ? Comment est venu en lui la passion pour la musique et comment voit-il cet art à Disshin ? Sont entre autres les questions pour lesquelles FasoMania a rencontré l’artiste pétri de talent pour son lectorat.

  • FasoMania : Quelle est la signification de Villager et comment est venu ce sobriquet ?

Villager : C’est né de mes amis en 2014 quand je m’apprêtais à rentrer m’installer au village, je les ai informés. Une fois installé, ils m’ont donné ce surnom mais pas de façon péjorative parce qu’ils ont compris le sens de mon engagement et ont décidé de le respecter. Pour moi, tout jeune du Burkina Faso qu’il soit en ville ou en milieu rural, nous sommes égaux et devrions avoir les mêmes chances de réussite. Etant habitant du village on ne peut que m’appeler villageois c’est dans cette philosophie que je porte ce nom. Mais avant cela, on m’appelait le king parce que je fais plusieurs choses à la fois et à tout ce que je touchais, c’était d’un coup de maître que ce soit le football, la danse ou les études j’étais toujours brillant.

 

  • FasoMania : Quelles ont été les motivations pour que vous puissiez quitter Ouagadougou pour vous installer à Disshin ?

Villager : C’était d’abord mon engagement de société. Je travaillais à Ouagadougou dans une entreprise et vous savez ce qu’est le capitalisme. J’avais comme exemple mon oncle très engagé pour le développement à Disshin (NDLR Jean DE Dieu Somda fondateur de l’ONG CIDI basé à Disshin), c’est en m’inspirant de lui que je suis rentré pour travailler à ces côtés à l’ONG CIDI. Au début, je n’étais pas rentré pour faire la musique mais pour contribuer à ma manière au développement de cette localité.

  • FasoMania : Comment avez-vous pris goût à la musique si vous n’étiez pas venu pour ça à Disshin ?

Villager : Tout a commencé en 2018 avec David Blasco (artiste musicien de la localité). Il est venu me ‘’tirer les oreilles’’ car il sentait en moi un talent que je cachais. Il m’a dit d’aller en studio et faire ce que je peux faire car c’est ça la musique. Je lui disais que la musique traditionnelle, je ne la maitrise pas or c’est ce qui est très consommée par les populations locales. Il m’a encouragé à faire ce que je sais faire et ça été le déclic pour que je fasse un single sourire Disshin. Quoique ça soit moderne, ce single a été bien accueilli surtout par la jeune génération.

 

  • FasoMania : Comment vivez-vous votre art surtout que vous faites de la musique tradi-moderne en Français et en Anglais qui ne sont pas des langues couramment parlées par la majorité de la population ?

 Villager : C’est vrai que le message n’est forcément pas perçu par bon nombre d’habitants d’ici, mais du village ça retentit ailleurs parlant de la diaspora du sud-ouest à qui je fais un clin d’œil, de même que la jeune génération comme dit plus haut. Les retombées positives nous reviennent car nous les ressentons dans nos spectacles. Ce n’est pas simple d’être en milieu rural et faire de la musique moderne. Vous savez la musique est une industrie, il faut bien la préparer, bien la faire et surtout bien la promouvoir. Il se qu’en milieu rural ce n’est souvent pas évident de trouver un producteur ou un appui pour ce faire. Pour mon cas, de 2018 à nos jours, j’ai trimé sans producteur. C’est grâce à mon arrangeur  Doctoré,  un grand ami à qui je dis un grand merci, qui m’a permis d’entamer un projet qui pourrait voir le jour en 2021. Il est constitué de deux singles que l’on veut lancer distinctement et un maxi de six titres que l’on compte également lancer avec un clip à l’appui en 2021. Nous mettons tout dans la main de Dieu et que les ancêtres nous accompagnent pour que ce projet puisse voir le jour. Nous comptons surtout sur l’accompagnement du public de Disshin et le reste nous allons ensemble le conquérir.

 

Propos recueillis par Saâhar-Iyaon Somé Békuoné

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